RENCONTRE AVEC JAN MÖLLER, BIOGRAPHE DE DIDIER PIRONI
Par Thierry Le Bras, lundi 6 octobre 2008 à 19:12 :: General :: #49 :: rss
Authentique passionné de Formule 1 et de course automobile depuis de longues années, Jan Möller est l’auteur du site « Didier Pironi, le petit prince de la vitesse » (http://www.didierpironi.net ) et de « Didier, Dreams and Nightmares », un livre écrit en collaboration avec Lorrie Coffey.
Du 19 au 22 septembre derniers, Jan était de passage à Lohéac. L’occasion de rencontrer ce garçon sympathique avec qui je corresponds depuis trois ans et qui partage mon intérêt pour Didier Pironi, le pilote qui aurait dû devenir le premier champion du monde français de Formule 1 en 1982.
Le programme des vacances 2008 de Jan démontre s’il en était besoin à quel point il s’immerge complètement dans le monde de la course automobile dès que son emploi du temps chargé lui en laisse l’occasion. Le périple hexagonal de cet habitant de Kiel commença en effet pas un séjour en Champagne afin d’assister au « Week-end de l’excellence automobile de Reims ». Puis il prit la route du Mans et visita les ateliers sarthois du Team Matmut-Oreca-Courage ainsi que ceux d’Henri Pescarolo. Il se rendit aussi sur la tombe de Jean Rondeau.
La suite du voyage conduisit notre ami au circuit de Lohéac où il allait suivre quatre jours de stage de pilotage au sein de l’école animée par Maïté et Gérard Poussin.
C’est dans le village de l’automobile que nous nous étions donné rendez-vous pour un dîner à "La Manivelle", le fameux restaurant à thème automobile tenu par Arlette et Christian Lefeuvre. Lefeuvre, un patronyme que les amateurs de course automobile connaissent bien. Christian a en effet participé pendant de nombreuses saisons au Championnat de France de Rallycross et il s’est aussi illustré dans les plus grandes épreuves de Rallye-raid. Quant à son fils Julien, il commente les Grands-Prix de F1 pour RMC.
Naissance d’une passion
A Lohéac, Jan logeait à l’Hôtel « Le Colibri ». Un nom qui représente tout un symbole pour les fans de Didier Pironi !

Jan avait 15 ans en 1982. Il est trop jeune pour avoir pu suivre les courses de Didier du bord de la piste. Habitant à 600 kilomètres d’Hockenheim, il n’avait pas encore la faculté de se rendre seul sur le circuit du Grand-Prix d’Allemagne et devait se contenter de regarder les épreuves à la télévision. Car aussi loin qu’il s’en souvienne, il s’est toujours intéressé à la Formule 1. Or dans cette discipline hyper concurrentielle et propice aux rivalités, il existe quelques épisodes dont l’histoire se transmet au fil des générations. La lutte que se livrèrent Didier Pironi et Gilles Villeneuve à Imola en 1982 fait partie des ces temps forts chargés de tension, un peu comme les accrochages entre Senna et Prost aux Grands-Prix du Japon 1989 et 1990. Mais l’intensité dramatique du combat fut amplifiée par l’accident de Gilles Villeneuve aux essais du Grand-Prix suivant à Zolder. Le Canadien ne survivrait pas à ses blessures et certains de ses fans tenteraient d’en imputer la responsabilité à Didier Pironi.
« J’aimais Ligier et j’aimais Didier, confie Jan. Je trouvais que c’était une bonne combinaison. Après une discussion avec des amis au sujet de la mort de Gilles, j’ai décidé de me pencher plus précisément sur la carrière du pilote français. Plus j’y ai travaillé, plus j’ai eu envie de compléter mes recherches et plus j’ai trouvé le personnage attachant. »
Ce travail colossal, Jan l’a commencé il y a 15 ans. « Je collectionne tout ce que je trouve qui a trait à Didier, reprend-il. Photos, livres, magazines… J’ai même des copies de billets d’avion qu’il a utilisés, de ses cartes bancaires, ainsi qu’une lettre qu’il a écrite aux autres pilotes en sa qualité de président du GPDA, l’association des pilotes de Formule 1. J’ai aussi vu sur internet certains objets qui m’auraient fait plaisir comme son premier contrat chez Ferrari et un volant d’une de ses Tyrell. Mais je n’ai pas pu les acheter. Les prix étaient trop élevés pour moi. »
Un site et un livre
Jan Möller fait partager le fruit de ses recherches aux autres fans de Didier Pironi. Il a ouvert un site, http://www.didierpironi.net , qui constitue un support extraordinairement complet sur la carrière de Didier depuis ses débuts dans les formules de promotion jusqu’à sa disparition tragique le 23 août 1987 au large de l'île de Wight en Angleterre lors de la course de Off-shore de Poole. Jan m’a d’ailleurs fait l’honneur d’y intégrer quelques textes et photos réalisés par mes soins.
Lors de ses travaux de recherche, Jan est entré en contact avec Lorrie Coffey, écrivaine devenue également éditrice aujourd’hui. « Après avoir correspondu par mail, nous nous sommes rencontrés à Goodwood, explique-t-il. J’avais beaucoup de textes sur mon site. Lorrie connaissait beaucoup de monde. Elle était membre du Club Ferrari et jouissait d’introductions privilégiées dans les hautes sphères du monde de l’automobile, un univers dont je ne pouvais pas ouvrir les portes. Nous nous sommes partagé le travail. Je me suis attaché aux formules de promotion tandis qu’elle s’occupait de la carrière de Didier en F1. Elle a pris contact avec l’éditeur et un de ses amis a réalisé la couverture. »
l Jan porte une appréciation mitigée sur ce livre écrit à quatre mains. « Un jour, j’ai reçu la maquette du livre en format PDF, poursuit-il. J’aurais souhaité que nous harmonisions nos styles et que nous opérions un rewriting de certains passages pour les améliorer. Mais Lorrie a préféré faire suivre le tapuscrit tel quel à l’éditeur qui l’a adressé sans corrections à l’imprimeur. Nous étions en 2004. Dans nos accords, Lorrie était propriétaire du copyright. Je n’ai d’ailleurs jamais rien touché sur les ventes de l’ouvrage. Donc, je suis content que le livre existe, mais j’aurais aimé le travailler encore un peu avant sa sortie. »
Que le lecteur se rassure cependant, même en l’état, « Didier, Dreams and Nigthmares » est un récit passionnant qui mérite d’être lu. Il est publié par les Éditions Mercian Manuals. En France, il est disponible à la Librairie du Palmier.
Les projets d’avenir
« Didier étant disparu, son actualité ne va pas évoluer, analyse Jan. Je pense cependant ajouter quelques éléments au site, particulièrement sur l’homme qu’était Didier Pironi. Je suis donc toujours à la recherche d’informations et documents complémentaires. J’espère obtenir bientôt une interview de Hugues de Chaunac et je ne désespère pas d’entrer en contact avec Richard Mille, propriétaire d’une des Tyrell pilotées par Didier. J’aimerais aussi m’entretenir avec Catherine Goux bien sûr. »
La liste des personnes que souhaite contacter Jan n’est pas exhaustive. Il apprécie les échanges avec des personnes qui ont travaillé avec Didier ou l’ont côtoyé, y compris celles qui ne sont pas connues du grand public. Je partage d’ailleurs un souhait identique. Alors, si vous possédez des anecdotes et/ou des photos sur Didier Pironi, n’hésitez pas à contacter Jan sur son site ( http://www.didierpironi.net ) ni à me contacter (thierrylebras@wanadoo.fr ). Comme nos projets et travaux sont différents, ils ne sont pas concurrents.
Jan songe aussi à deux autres biographies, celle d'Alessandro Nanini si le pilote italien donne son accord et accepte de collaborer au projet, puis celle de Manfred Winkelhock, un autre pilote plein de talent dont les allemands ont suivi la carrière de près avant de s’intéresser à celle de son fils Markus qui court aujourd’hui en DTM pour Audi après avoir été pilote essayeur en F1 chez Spiker.
Du pain sur la planche pour notre ami Jan qui, avant de reprendre la route de Kiel, prévoyait une escale à Rouen sur les traces du circuit de la capitale normande.

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