Olivier Panis et Loïc Duval se connaissent bien. Olivier fut en quelque sorte le patron de Loïc au sein du Team France A1 GP. Une association qui fonctionna très bien si on considère que sous la direction de l’aîné, le cadet hissa la France en tête du classement général provisoire de la discipline après sa superbe victoire sur le circuit d’Eastern Creek.

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La saison d’A1 GP terminée, les chemins des deux hommes se sont à nouveau croisés chez Oreca Courage à l’occasion des 24 Heures du Mans. A défaut de partager la même voiture, Loïc et Olivier auront participé à la grande aventure à l’intérieur de la même équipe. Et, ironie du sort, le capitaine du Team A1 GP France et son jeune pilote abordaient les 24 Heures avec le même statut, celui de rookie ! Gageons que Loïc rêve parfois à d’autres expériences déjà connues de son aîné, une intégration au Team Honda F1 et une victoire à Monaco par exemple… Souhaitons que l’avenir lui apporte ces satisfactions.

Bien que le sport automobile s’appuie sur le réalisme, l’histoire d’Yves Courage créateur de l’écurie qu’a intégré Oreca à la fin de l’année dernière démontre que rien n’est impossible avec du talent, de l’audace, de la volonté et une foi inébranlable en son destin. Je me souviens très bien de la saison 1977 où Yves Courage écumait les courses de côtes françaises avec une Surtees F2 noire sans doute pas tout à fait au niveau des monoplaces de ses rivaux, notamment de la Ralt de Christian Debias. Personne n’imaginait encore que quelques années plus tard, après s’être construit un superbe palmarès comptant entre autres une victoire à la fameuse course du Mont-Dore, Yves deviendrait constructeur de prototypes, puis que son écurie servirait de base au défi d’Hugues de Chaunac en endurance.

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Non, il y a trente et un ans, le pilote de course de côte n’espérait sûrement pas qu’un jour un vainqueur de Grand-Prix lui rendrait hommage. « Pour moi, Courage a toujours été un nom populaire en endurance », confiait pourtant Olivier Panis quelques jours avant l’édition 2008 de la plus belle des courses d’endurance. « Yves est un authentique passionné et j’ai beaucoup de respect pour cet homme que j’ai appris à connaître depuis la fusion avec Oreca. Avec les moyens qu’il a eus, il a toujours su concevoir des voitures performantes. Je lui tire un grand coup de chapeau. Et même si aujourd’hui, la voiture a été développée par Oreca, elle est issue de la Courage LC 70 qui est une excellente base, et je suis fier d’être à son volant. »

Des essais mouvementés

Hugues de Chaunac et ses pilotes abordaient l’épreuve avec beaucoup d’humilité. 2008 était une année d’apprentissage. En 2009, l’équipe viendra avec d’autres ambitions, surtout si l’équivalence entre les moteurs diesel et les moteurs essence offre de nouvelles opportunités aux protos essence comme beaucoup l’espèrent, Hugues de Chaunac et Henri Pescarolo en tête…

« J’ai cru voir un gros minet, mais oui , mais oui, j’ai bien vu un gros minet … » Telles auraient pu être les paroles d’Olivier Panis s’il s’était inspiré du canari vedette de la Warner au terme des essais du mercredi soir. Un incident peu banal perturba en effet la séance de l’ancien pilote de F1.

« Cela fait six mois que j’attendais de rouler avec des pneus de qualifications », explique l’ancien pilote de F1. « En passant en 6ème, un chat marron et blanc a traversé tout juste devant moi et a percuté l’auto du côté gauche, endommageant le radiateur. C’est triste pour le chat qui a dû connaître la fin la plus rapide qu’un chat puisse avoir ».

Loïc Duval pour sa part se montrait satisfait de cette première journée. : « Je reviens d’une course en Formule Nippon (NDLR : course où il remporta la victoire) et je dois me réadapter au pilotage du proto. Les essais de mercredi soir ont été concluants et je me suis fait plaisir. Je reste persuadé que notre résultat sera bon ».

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La séance du jeudi soir allait apporter quelques soucis au team français. Loïc Duval, qui fêtait son anniversaire, souhaitait sans doute un joli cadeau sous la forme d’une belle place sur la grille, juste derrière les intouchables diesel de Peugeot et d’Audi. Hélas, Laurent Groppi qui partait à la faute en pneus froids 10 minutes après le début de la séance contribuerait bien involontairement à le priver de ce doux présent.

Les courses d’endurance se déroulent désormais au rythme endiablé des Grands-Prix. Les pilotes attaquent donc en qualifications aussi fort que s’ils disputaient la Q3 d’une épreuve de Formule 1. Cela implique quelques conséquences quant aux sorties de piste. Au point qu’Olivier Panis lui-même, pilote pourtant très sûr, se laissa piéger. « Malheureusement, nous avons un petit problème pour mettre les pneus en température », expliquait-il. « J'ai bloqué une roue à Arnage quand je me suis élancé en pneus de qualif - j'ai tapé le mur de pneus : ça m'embête pour les mécanos et c'est frustrant car nous n'avons pas pu montrer notre potentiel. Cela étant, un autre événement débutera samedi, la course ! J'ai une totale confiance en l'équipe et en la voiture. »

La soirée se terminait tout de même sur une note globalement positive. La Courage Oreca Judd numéro 5 que Loïc partageait avec Laurent Groppi et Soheil Ayari se hissait en cinquième ligne sur la grille de départ. Quant à la numéro 6 pilotée par Olivier Panis, Marcel Fassler et Simon Pagenaud, elle partirait treizième. Pas si mal pour une première participation à la classique mancelle.

Une course solide

Impression positive confirmée par un début de course solide. Les deux Courage Oreca Judd figurent dans le top dix à la fin de la deuxième heure de course. Seule frayeur pour l’équipe, une chicane court-circuitée par Soheil Ayari. Aucune faute du pilote mais une manœuvre avisée afin d’éviter deux autres concurrents qui s’accrochaient.

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Pendant 9 heures, la 5 et la 6 allaient poursuivre leur course sans incident. Le savoir-faire d’un team performant allié au talent de pilotes à la fois rapides, intelligents et animés par la volonté de servir l’équipe portait ses fruits. Le Team Matmut Oreca effectuait une belle démonstration pour sa première participation à la course mancelle.

Grosse frayeur 10 minutes après minuit. Marcel Fassler sortait violemment de la piste au virage du karting. Il était conduit à l’hôpital pour subir des examens qui se révéleraient heureusement rassurants. Mais la course se terminait prématurément pour Olivier Panis.

Nuit magique

Profitant de la neutralisation, la 5 s’arrête alors pour une purge d’embrayage. Elle repart sans avoir perdu de place au classement. « Quand nous avons perdu la voiture sœur, cela n'a pas été facile ». reconnaît Loïc. Je sentais l'équipe un peu stressée. »

Mais la 5 poursuit sa course malgré quelques interventions des mécaniciens. Elle s’arrête à 3 heures 56 pour un problème de commande de boite. Puis à 6 heures 26, il faut changer de démarreur. Il faudra aussi purger une nouvelle fois l’embrayage. Des interventions qui la priveronnt d’un combat avec la Pescarolo Judd N° 17 pour la place de premier prototype LMP1 essence.

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La pluie qui commence à tomber vers 5 heures du matin rend la course de plus en plus difficile. Loïc est au volant. Il effectue un triple relais et s’empare de la huitième place en prenant le meilleur sur la Porsche Spyder N° 34. Dans ces conditions délicates, il réduit l’écart avec les diesel. « Ce n’est pas facile de piloter dans ces conditions climatiques », racontera-t-il. " A certains endroits la piste est sèche, à d’autres elle est détrempée. Malgré les quelques problèmes que nous avons connus, nous répondons présents. Nous tentons de conserver un bon rythme. Il faut être prudent, mais comme tout pilote, on aime attaquer. Personnellement, je me sens à l’aise dans la voiture et la pluie ne me dérange pas. Mais il y a tellement de monde derrière nous que nous avons une certaine pression sur les épaules. »

Interrogé au petit matin par les journaliste de Frnace 2 qui couvre l’épreuve, Olivier Panis se montre enthousiaste malgré l’abandon de sa voiture. « Il y a des chances que je sois là l’année prochaine. C’est une course diabolique. J’ai pris beaucoup de plaisir. Il y a une ambiance incroyable, un esprit d’équipe, tout ce que je n’ai pas connu en F1. C’est fantastique. La nuit est magique. Ce n’est pas pour rien que c’est la plus grande course du monde. »

L’équipage de la 5 continue sa course parfaite jusqu’à la ligne d’arrivée qu’elle franchira en huitième position, seconde des voitures essence derrière la Pescarolo de Primat, Tinseau et Treluyer.

Prix Jean Rondeau pour Loïc Duval

« Je pense que le bilan est positif », analysait Olivier Panis… « Hier soir, nous sommes montés en régime et c'était très sympa : La voiture marchait bien, nous étions dans le bon rythme. Malheureusement, il y a eu l'accident de Marcel. La n°5 a "répondu présente" et il faut souligner le bon boulot effectué par les trois pilotes. Cette prestation est prometteuse. Ma première expérience au Mans ? Je l‘ai trouvé géniale ! »

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Loïc non plus ne boudait pas son plaisir. « Je suis très heureux d'avoir rallié l'arrivée », déclarait-il… « J'ai beaucoup apprécié mon dernier relais. Je dois dire que l'émotion au moment de passer sous le drapeau à damiers était assez intense ! »

Satisfaction supplémentaire pour le jeune Chartrain, il reçoit le Prix Jean Rondeau décerné chaque année à un jeune espoir du sport automobile français ayant fait preuve de talent, courage et obstination. Ses performances lors des 24 Heures 2008, notamment pendant ses superbes relais sous la pluie, font de Loïc un beau vainqueur de ce trophée.

Pour tout savoir sur Loïc Duval, n’hésitez pas à visiter leur site entre deux passages sur FANATIC F1 :
http://www.loicduval.com/home.htm