C’est en tout cas ce que considère Luca di Montezemolo dont les propos sont rapportés par le journaliste Gilles Gaignault qui a suivi cette affaire de très près.

« Le Président Max Mosley devrait immédiatement quitter son poste de Président de la FIA », affirme le patron de Ferrari. « Même s'il a été reconduit dans ses fonctions par un vote de confiance de l'Assemblée Générale Extraordinaire de la Fédération Internationale de l’Automobile, mardi à Paris, après l’affaire de l'orgie à relents nazis, je pense qu'il devrait réaliser que, parfois dans la vie il est nécessaire de se dire qu'il faut partir pour des raisons de crédibilité »

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Damon Hill, ancien champion du monde de Formule 1 et Président du prestigieux British Racing Drivers’ Club ne se montre pas tendre non plus vis à vis de l’homme impliqué dans un scandale sexuel à connotation nazie.

« Ne pas tenir compte de l'ambiance politique peut parfois être une force. Mais dans ce cas, cela semble juste inconsidéré pour la Formule 1", analyse l’Anglais. "Dans l'optique de protéger l'avenir du Grand Prix de Grande-Bretagne, nous avons vraiment besoin qu'une organisation comme la FIA nous protège dans les négociations avec les détenteurs des droits. Mais avec un président aussi controversé que Max, c'est difficile d'aller voir les responsables gouvernementaux et de défendre la Formule 1".

Rob Darbelnet, Président de l’American Automobile Association ne mâche pas ses mots. « Ce que je peux dire, c’est que le 3 juin est un triste jour pour la FIA et qu’une bien triste décision a été prise. Sa crédibilité a été mise en doute. La question se pose maintenant de savoir si nous souhaitons encore participer à une association qui ferme les yeux sur de tels agissements… Nous pensons que ce type de comportement n’est pas celui qui sied au représentant d’une fédération internationale. »

L’ADAC (Automobile Club d’Allemagne) enfonce le clou. Ce club avait déjà écrit à monsieur Mosley pour l’inviter à démissionner.

« C'est avec regret et incompréhension que l'Adac a pris connaissance de la décision de l'assemblée générale de la FIA à Paris, par laquelle Max Mosley a été confirmé à son poste de président", indique son communiqué officiel. « "Le plus grand automobile club d'Europe a pris en conséquence la décision de suspendre immédiatement ses fonctions et sa coopération au sein de la fédération internationale regroupant les automobiles clubs et de se retirer des groupes de travail de la FIA,. Par ailleurs, l'Adac compte maintenir sa position tant que Max Mosley demeurera à la tête de la FIA. »

« Cela va être difficile pour lui d'agir en tant que président de la FIA si les gens qui refusaient de le rencontrer auparavant (monsieur Mosley) maintiennent cette position", s’inquiète Bernie Ecclestone avant de conclure : "j'espère que cela n'a pas déstabilisé les sponsors et les constructeurs ».

Difficile en effet pour monsieur Mosley d’aller au terme de son mandat dans un tel contexte. Souhaitons que la raison l’emporte au plus vite et qu’il prenne acte de la perte de sa légitimité comme de sa crédibilité. Il serait dommage que l’automobile et la compétition subissent le lourd préjudice causé par l’orgueil démesuré d’un seul homme, fût-il fin manœuvrier !